Echos de la visite de Duncan Charters à La Ciotat

Echos de la visite de Duncan Charters à La Ciotat

Visite express s’il en fut. Arrivé à 14 heures d’Epinal où il était intervenu dans différentes classes, reparti le lendemain à Valence pour deux conférences à Romans.

Très ouvert, cet universitaire américain a proposé une demi-douzaine de sujets lors de sa tournée en Belgique et France: sur les religions aux Etats-Unis, l’élection de Donald Trump, l’apprentissage des langues etc. C’est à la demande des Ciotadens qu’il a préparé une conférence sur les Latinos et la langue espagnole aux USA.

Il en ressort que parler d’un mur entre le Mexique et les Etats-Unis est une métaphore que les journalistes ont prise au pied de la lettre . En effet il s’agit d’une bande de 3000 km qui court à travers déserts, montagnes et rivières et il faudrait d’abord construire une route pour acheminer les matériaux de construction ! Aux points de passage, si les gardes-frontières arrêtent dans le sens nord-sud une voiture sur 100, il n’en est pas de même dans le sens sud-nord, d’autant que nombreux Sud-Américains viennent au Mexique dans l’espoir de passer plus facilement aux Etats-Unis.

Mais Donald Trump a été le seul candidat (sur les 10 républicains et deux démocrates  candidats à l’élection ) à rendre visite aux gardes-frontières , parfois épaulés par la Garde Nationale et s’intéresser à leurs problèmes. Depuis, il en a embauché 15.000. Aussi haut que soit le mur, on trouvera toujours une échelle plus haute; et si les capteurs entre les deux barrières métalliques provoquent l’arrivée des gardes en hélicoptère ou en voiture, cela ne décourage pas les candidats à l’immigration.

En fait l’histoire entre le Mexique et les Etats-Unis est du genre  » je t’aime, moi non plus ». N’oublions pas que les Etats-Unis ont gagné après la guerre contre le Mexique (1846-1848) ou acheté pour une somme dérisoire ( 15 millions de dollars) la Californie, le Nouveau-Mexique, l’Oklahoma, le Texas, le Kansas, le Colorado etc…

Mais le problème est surtout économique: les entreprises américaines ont installé leurs usines dans la bande le long de la frontière pour payer des salaires trois fois moins chers qu’aux Etats-Unis et réduire au maximum les coùts de transport pour importer les produits manufacturés. Ce sont ces produits que Trump veut taxer à 30% si les entrepreneurs ne rapatrient pas leurs usines.

Dans d’autres secteurs ( le BTP, l’hôtellerie), il n’y a pratiquement que des Mexicains ce qui pourrait mettre en péril l’économie étasunienne si tous rentraient au pays. Même chose pour le travail saisonnier car les Etasuniens ne veulent pas ramasser les fruits ou les légumes.

C’est aussi la politique d’Obama qui a fait diminuer le nombre de migrants, 10 millions contre 11 millions en 2013.

Mais le Etats-Unis restent attractifs par l’idée que s’en font les gens plus que par les véritables conditions de vie.

Y a-t-il un changement de mentalité parmi les hispanophones ?

Duncan Charters enseigne l’espagnol dans une université. Jusqu’à présent, les jeunes adoptaient un profil bas pour s’intégrer le meiux possible. Aujourd’hui ils relèvent la tête, ont gagné en fierté et veulent étudier à fond leur langue maternelle. N’oublions pas que l’espagnol, est après le chinois/mandarin, la langue maternelle la plus parlée au monde. Le taux de naissance chez les hispanophones (souvent catholiques) est plus élevé que parmi les autres, d’où des prévisions pour 2050 où le nombre d’hispanophones natifs dépasserait le nombre d’anglophones aux Etats-Unis. Certains chefs de famille envisagent de rentrer au pays car, même bien installés aux USA, ils commencent à ressentir un certain malaise.

 

Quelle politique d’immigration ?

Les Etats-Unis sont formés de migrants; Duncan Charters, britannique est considéré parmi les 45 millions d’immigrés, 85 millions si on prend en compte les enfants issus de migrants. Si le Indiens sont très courtisés pour leur niveau en informatique d’avant-garde, les hispanophones ont du mal à légaliser leur situation. Un tiers des migrants est un sans-papier illégal. Pourtant Trump aime le Mexique ( il l’a déclaré haut et fort), aime les migrants (deux de ses femmes, dont l’actuelle) sont des immigrées.

Les « anciens  » parmi ceux qui ont assisté à la conférence au Grand Portique ont pensé au sketch de Fernand Reynaud sur le boulanger qui mangeait le pain des Français, jusqu’à ce qu’il parte et que le village se retrouve sans pain  » C’était le boulanger » …

 

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